Le jardinage sans travail du sol : sur mulch et sur compost vert

Si comme moi, vous souhaitez produire des légumes bios abondants et de qualité, tout en évitant au maximum un travail du sol fatigant et contre-productif, je vous invite à parcourir avec moi le « Guide du nouveau jardinage ». Cet ouvrage passionnant de Dominique Soltner est un « must » pour les permaculteurs et tous les amoureux du jardinage respectueux de la terre et du… jardinier !

Vous pouvez vous le procurer sur Amazon (https://www.amazon.fr/Guide-nouveau-jardinage-couvertures-composts/dp/2907710273) ou sur le site de Dominique Soltner (http://www.soltner.fr/fiche_Guide-du-nouveau-jardinage-Sans-travail-du-sol_13_.html)

Cette page est un début de synthèse des informations contenues dans l’ouvrage que j’appliquerai au contexte du jardin Troyen.

Schématiquement, il existe deux méthodes fondamentales de jardinage sans travail du sol :

  • le jardinage sur mulch
  • le jardinage sur compost vert

Le jardinage sur mulch

Comme nous l’avons déjà vu, le mulch est fondamental au jardin. Il assure cinq fonctions :

  • protection contre les intempéries (pluie, chaleur excessive…)
  • remplace le travail du sol
  • limite l’arrosage
  • désherbant
  • fertilisant

La méthode de jardinage sur mulch

En automne (dès septembre – octobre), on couvre les plate-bandes d’un mulch épais : foin, paille, feuilles mortes, broyat de branchage, BRF… Cette couverture permet un « compostage au sol » ou « de surface ».

Sous ce mulch épais, la faune du sol travaille tout l’hiver : elle ameublit la terre et décompose le mulch. Au printemps, la terre présente une couche de compost naturel qui s’est formée directement sur le sol.

Si l’on n’a pas mulché son jardin en automne, il n’est pas trop tard ! Il est possible, au printemps, d’apporter une couche de compost de quelques centimètres. Cette couche remplace le compost naturel qui aurait dû se former sous le mulch pendant l’hiver. On recouvre ensuite cette couche de compost par un mulch léger : paillettes de lin, écorces de fèves de cacao, feuilles mortes…

Remarque : en automne, le jardin Troyen a été mulché avec des feuilles mortes. Au printemps, je pense utiliser un mulch de paille sur certaines planches en complément du mulch de feuilles mortes.

Cette méthode convient à tout ce qui se plante ou se repique : salades, choux, celeri, artichauts, tomates, aubergines, poivrons, pommes de terre, poireaux, fraisiers…
et pour les grosses semences : échalotes, oignons, ails, haricots, petits pois, fèves, courges, courgettes, melons…

Le jardinage sur compost vert

Cette méthode consiste à couvrir la terre aplanie d’une couche de compost vert qui servira de support pour les semis en place.

Ces composts sont récents. Ils sont produits par des plates-formes de compostage apparues en France suite à la loi de 2002 portant sur l’obligation légale du recyclage. Je me suis procurée du compost à la Compostière de l’Aube. Il existe une autre plateforme de compostage dans la région de Troyes (Agricompost).

Pour mes amis Manchois, voici une liste de plateformes de compostage éditée par le Conseil Général de la Manche en 2014.

Qualités du compost vert

Le compost vert, pour être de qualité, doit réunir trois caractéristiques. Il doit être :

  • mûr : la fermentation est terminée, il est donc possible d’y semer directement car il ne contient plus de substances nuisible à la germination, contrairement aux composts en cours de fermentation
  • déconcentré : la teneur en azote est faible (environ 1%) contrairement aux composts de fumier par exemple
  • assaini : la température de fermentation a détruit toutes les graines et germes de maladie (une qualité rarement atteinte par les composts jardiniers, même les plus réussis.

Tester son compost vert

Il est conseillé de tester la qualité de son compost vert. Pour cela, semez du cresson d’Alenois dans votre compost. Cette plante a pour caractéristique d’être à levée rapide et d’être très sensible aux inhibiteurs de germination.

Cela vous permettra d’être sûr que votre compost a bien terminé sa maturation et qu’il est prêt à être utilisé au jardin. Si ce n’est pas le cas, on peut accélérer sa maturation en l’étendant plusieurs jours ou semaines avant le semis.

Réussir son semis sur compost vert

Pour supprimer le sarclage, ne pas mélanger le compost à la terre : en étendant votre couche de compost vert SUR la terre (1 à 3 cm), vous donnerez une longueur d’avance à vos semis par rapport aux graines qui se trouvent déjà dans la terre, sous le compost. Résultat : lorsque ces graines lèveront, elles seront étouffées par le feuillage de vos cultures.

Ensuite deux précautions sont indispensables à la réussite de la levée :

  • protégez vos semis par un filet sur supports contre le grattage des oiseaux
  • maintenez l’humidité du sol : soit par une ombrière (une canisse de bambou posée à l’horizontal au-dessus des semis sur des pierres par exemple), soit par un voile de forçage (dit P17) qui limitera l’évaporation

Cette méthode est idéale pour tous les semis en place : mâche, carottes, radis, condimentaires (thym, sarriette, ciboulette, basilic, persils, aneth, estragon), salades et autres feuilles à couper : roquette, épinards, certaines variétés de laitues…

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