La permaculture n’est PAS de l’agriculture

Même si la permaculture et l’agriculture poursuivent les mêmes buts : produire de la nourriture à partir de la terre, les processus employés sont radicalement différents.

Alors que la permaculture nous enseigne à respecter les processus naturels et à en faire nos alliés, l’agriculture, quant à elle, nous entraîne le plus souvent à choisir des techniques anti-naturelles avec pour corollaire un travail considérable, et des rendements de plus en plus faibles.

Prenons l’exemple très explicite des sols. Dans la nature, un sol qui ne subit pas l’intervention humaine, possède deux caractéristiques :

1. un sol n’est jamais « à nu »

la nature protège toujours les sols en le recouvrant d’une couverture protectrice. En forêt, par exemple, ce sont les feuilles mortes. En milieu découvert, ce sera une couverture vivante de plantes dites pionnières, dont le rôle, en plus de protéger le sol, est de préparer le terrain pour accueillir d’autres plantes.

C’est le qu’on appelle « le mulch » en permaculture. Le mulch protége la biodiversité abritée dans le sol : petits animaux, insectes, verres de terre, champignons, micro-organismes… dont le rôle, fondamental, est de structurer et oxygéner le sol.

2. un sol est organisé en strates

Chaque strate a un rôle précis à jouer pour créer de la fertilité :

Structure d’un sol en strates (ou horizons) – cliquer pour agrandir

– en surface : la litière (ou mulch)

– en dessous : la litière fragmentée puis l’humus, couches organiques plus ou moins décomposées

– en profondeur : la roche mère qui apporte tous les éléments minéraux

– au dessus de la roche mère : une couche d’argile contenant des éléments minéraux provenant de la roche mère et qui ont été libérés par des acides

– et entre la couche d’argile et l’humus, la strate qui est appelée le « sol » proprement dit, c’est à dire une couche composée d’éléments organiques et minéraux, véritable réservoir de la fertilité du sol.

A chaque strate, on trouve une myriade de micro-organismes dédiés, qui permettent le processus de création de fertilité.

Voici, en plus complet, une vidéo très instructive sur le processus de fonctionnement des sols :

Or, quelles sont les deux techniques les plus fréquemment utilisées en agriculture ? la mise à nu des sols et le labourage. Deux techniques, fondamentalement anti-naturelles, et qui détruisent littéralement la vie des sols : la mise à nu du sol tue les micro-organismes et le labourage désorganise la structure du sol. Rien d’étonnant, à ce qu’il soit aujourd’hui nécessaire d’utiliser des quantités phénoménales d’engrais.

Rien d’étonnant non plus à ce qu’il soit nécessaire d’asperger les plantes de pesticides en tous genres. En effet, une plante qui pousse sur un sol appauvri et gorgé d’engrais est une plante malade, et donc très peu résistante aux maladies et ravageurs…

 

La nature aime la diversité, pas l’agriculture

Une autre caractéristique de la nature est de favoriser la grande diversité des plantes qui poussent dans un même sol. Cette diversité permet aux plantes de ne pas toutes prélever les mêmes nutriments en même temps dans le sol et de collaborer entre elles pour la nourriture : les déchets émis par une plante sont la nourriture d’une autre. De plus, une plante peut agir comme protectrice pour ses compagnes, ou comme engrais naturel.

Cette collaboration naturelle extrêmement fertile est remplacée, dans le système de mono-culture intensive actuellement utilisé, par une compétition pour la captation de la nourriture, qui fragilise les plantes et nécessite de grandes surfaces de culture.

 

Conclusion

En système agricole, les sols sont à nu, on en perturbe l’organisation par le labourage et on met les plantes en compétition pour la recherche de nourriture. En permaculture, on protège les sols par du mulch, on ne laboure jamais, et on favorise toujours la biodiversité.

Cet exemple parmi beaucoup d’autres, permet de comprendre pourquoi il est urgent d’abandonner les méthodes agricoles, même  traditionnelles, pour apprendre à tirer le meilleur parti de la puissance des processus naturels pour nos productions végétales.

En somme, travailler en partenariat avec la nature, et non s’acharner à lutter contre elle.

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